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Francia ·

« On attendait des larmes, j'ai englouti un salon » : Mike Sain't Louis fait de « Tangled Light » un clip de renaissance

Dans une tribune, l'artiste indie alternatif madrilène, qui se présente comme « le premier auteur-compositeur IA », raconte comment une chanson née de deux décennies d'emprise est devenue un clip de fleurs sur le béton et de fumée rose sous l'eau

Homme aux cheveux noirs bouclés et à la barbe, en chemise de satin noir, bras croisés, regardant droit vers l'objectif devant un mur rouge texturé ; tatouages sur la poitrine et les bras, chaîne et boucles d'oreilles argentées.
Mike Sain't Louis devant un mur rouge, bras croisés. Dans cette tribune, il défend l'idée qu'on peut parler d'emprise sans filmer une seule larme.

Madrid, le 25 octobre 2026.

Par Mike Sain't Louis

Le texte avec lequel j'ai présenté « Tangled Light » commence par un avertissement : « This is not a love song. » Ce qui suit, c'est la gueule de bois de deux décennies passées à supporter quelqu'un qui voulait me briser. Quand les gens lisent ça, ils s'attendent à un clip sombre, avec des chambres fermées et des larmes. Et ils tombent sur autre chose : un salon entièrement englouti, un couloir rempli de cœurs, une passerelle en bois au-dessus des nuages, un désert où les figurants ont des téléviseurs à la place de la tête.

Je voudrais expliquer ici pourquoi j'ai fait ce choix. Pas pour imposer une lecture, mais parce que je crois qu'on raconte mal ce genre d'histoire.

Je ne suis pas celui qui chante

D'abord, une précision, parce qu'on me la demande souvent. Je suis Mike Sain't Louis, artiste indie alternatif installé à Madrid, et je me présente comme « le premier auteur-compositeur IA ». J'écris tous mes textes. Je compose, je produis, je fais la direction artistique, je dirige mon propre label indépendant, MIKE SAIN'T LOUIS. La musique et l'interprétation vocale sont générées par l'intelligence artificielle, que j'utilise comme un outil de production. Les mots, les idées et les images, eux, viennent de moi. Je ne l'ai jamais caché.

« Tangled Light » appartient à « El día de la liberación », le dernier volet de ma trilogie GAYFOLK. Le clip dure trois minutes quarante et une secondes ; je l'ai mis en ligne sur YouTube le 21 novembre 2025. Je l'ai revu récemment en l'arrêtant toutes les quelques secondes, parce que c'est l'un des plus chargés d'objets de tout mon catalogue.

Un salon, c'est l'endroit où l'on se dispute

La première image est aussi la dernière. Un homme en costume rouge flotte en diagonale dans un salon ancien complètement immergé. Il y a un lustre en cristal, un canapé capitonné blanc, une lampe allumée, des murs d'un bleu-vert de vieille piscine. De son visage s'échappe un nuage de fumée rose vif qui monte vers le lustre, comme s'il respirait des couleurs. Par-dessus, mon nom en petit et le titre en grand, en lettres lilas.

Pourquoi un salon ? Parce que c'est la pièce la plus domestique qui soit. On y reçoit, on y regarde la télé, on s'y dispute. Ici, tout est à sa place, mais personne ne pourrait y vivre. C'est pour moi l'image exacte d'une maison partagée avec quelqu'un qui vous éteint peu à peu : de l'extérieur, un foyer normal ; à l'intérieur, impossible de respirer.

Et pourtant, l'homme en rouge ne se noie pas. Il flotte. Ce qui sort de sa bouche, ce ne sont pas des bulles d'air désespérées, mais de la fumée colorée. Dans mon texte de présentation, je l'ai écrit avec une phrase que je considère encore comme la meilleure que j'aie trouvée pour présenter quoi que ce soit : « You tried to drown me, and I learned to glow. » Tu as voulu me noyer, et j'ai découvert que je pouvais briller.

Des fleurs là où il ne devrait pas y en avoir

Très vite, le clip sort de l'eau et monte sur un toit. Au milieu du béton, un jardin sauvage a poussé : fleurs jaunes, roses et blanches, herbes hautes, comme si la terre avait percé les fissures. Plus loin, les fleurs dessinent un cercle d'où s'élèvent des colonnes de fumée rose, jaune et turquoise. Puis un garçon en costume blanc avec une tache rose sur la poitrine, près d'un trou de terre noire où pointent de petites fleurs. Et vers la fin, une silhouette dans la fumée sur un toit marqué comme une hélisurface.

En bas, l'eau ; en haut, l'air. En bas, une maison qui étouffe ; en haut, un toit où les fleurs poussent dans le béton. Je ne connais pas d'image plus claire de ce que j'ai voulu dire : quand on coupe avec quelqu'un qui se nourrit de votre lumière, le monde s'ouvre d'un coup et recommence à respirer. Dans le clip, il fait plus que respirer. Il fleurit là où il ne devrait pas.

Le couloir des cœurs

La troisième scène est la plus inquiétante. Une femme aux cheveux platine et à la frange droite, vêtue d'un ciré transparent doublé de paillettes argentées, marche dans un couloir éclairé d'une lumière blanche d'hôpital. Le long des murs, alignés, des cœurs. Pas des cœurs de Saint-Valentin : des cœurs anatomiques, énormes, rouges, avec leurs artères et leurs veines, comme dans un musée de médecine. La scène revient plusieurs fois et se transforme ; dans une version, les cœurs pendent du plafond, sombres.

Je ne vais pas tout expliquer. Un clip comme celui-là est fait pour que chacun y voie autre chose. Si vous y lisez un autre sens que le mien, tant mieux.

Pourquoi je refuse les larmes

J'ai raconté publiquement que, avec une aide professionnelle, je transforme en chansons des années de relations avec des partenaires narcissiques, pour rendre visible l'emprise psychologique et ses traces sur la santé mentale, et pour que celles et ceux qui la vivent se sentent vus et crus. On pourrait croire que cela exige de filmer la douleur. Je pense le contraire. La douleur, ceux qui l'ont vécue la connaissent déjà. Ce qu'on leur montre rarement, c'est la suite : l'homme qui flotte au lieu de couler, les fleurs qui percent le béton.

En France, on parle beaucoup d'emprise depuis quelques années, et c'est une bonne chose. J'aimerais seulement qu'on parle aussi de la lumière qui revient après.

Écouter et télécharger

« Tangled Light » et tout mon projet PLANETA GAYFOLK, 273 singles et plus de 280 clips construits en deux ans environ, s'écoutent et se téléchargent gratuitement, avec les paroles, sur https://mikesaintlouis.com. On les trouve aussi sur Spotify, Deezer et les principales plateformes. La version longue de ce texte est sur mon blog : https://mikesaintlouis.com/blog/un-cordon-de-neon-y-un-salon-bajo-el-agua-el-videoclip-de-tangled-light-escena-a-escena

À propos de Mike Sain't Louis

Artiste indie alternatif basé à Madrid, Mike Sain't Louis se définit comme « le premier auteur-compositeur IA ». Parolier, compositeur, producteur et directeur artistique, il fait une pop alternative queer, effrontée et sans censure, qui va de l'électropop à la copla, en espagnol, anglais, français et portugais. Beaucoup l'ont découvert en 2024, quand « Tan Cateto » est devenu viral sur TikTok.

Contact presse

info@mikesaintlouis.com https://mikesaintlouis.com Instagram : @planetagayfolk