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« Est-ce que ça compte comme le mien ? » : Mike Sain't Louis parle du syndrome de l'imposteur quand on crée avec l'IA

L'artiste indie alternatif madrilène, qui se présente comme « le premier auteur-compositeur IA », confie le doute qui le suit à chaque sortie et le relie à deux chansons très intimes

Portrait de Mike Sain't Louis, cheveux bruns bouclés et barbe, veste de lin blanche, débardeur blanc laissant voir un tatouage sur la poitrine, devant un mur blanc.
Mike Sain't Louis sur fond blanc, veste de lin claire ouverte sur un débardeur blanc et un tatouage.

Madrid, le 25 octobre 2026. Personne ne lui pose la question. C'est lui qui se la pose, presque chaque semaine, souvent juste après la sortie d'une chanson, au moment où quelqu'un lui écrit qu'elle lui a plu. Au lieu de se réjouir, une petite voix très polie lui souffle : « Et ça, est-ce que ça compte comme le tien ? » Mike Sain't Louis, artiste indie alternatif installé à Madrid, a décidé de parler ouvertement de ce doute, que l'on appelle le syndrome de l'imposteur, et de ce qu'il devient quand on fabrique ses chansons avec l'intelligence artificielle.

Celui qui se présente comme « le premier auteur-compositeur IA » écrit tous ses textes. Il est aussi compositeur, producteur, directeur artistique et PDG de son propre label indépendant, MIKE SAIN'T LOUIS, sans maison de disques ni intermédiaires. La musique et l'interprétation vocale sont générées par une IA qu'il dirige, version après version. Les mots, l'idée et la direction artistique sont les siens. En deux ans environ, il a bâti PLANETA GAYFOLK : 273 singles et plus de 280 clips.

Un phénomène, pas un diagnostic

L'expression remonte à un article publié en 1978 par deux psychologues américaines, Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, qui décrivaient des femmes au parcours brillant persuadées de ne pas mériter leur réussite. Depuis, on sait que ce sentiment touche tout le monde, et davantage ceux qui ont l'impression d'être arrivés dans un métier par une porte inhabituelle.

L'artiste insiste sur un point : ce n'est pas un diagnostic clinique. « Je ne suis pas psychologue et je ne veux poser d'étiquette sur personne, précise-t-il. Je raconte ce qui se passe dans ma tête, avec ce que j'ai lu dans des sources sérieuses. Si quelqu'un se reconnaît, tant mieux. S'il souffre vraiment, qu'il consulte. »

La porte par laquelle on entre

Pour Mike Sain't Louis, l'IA ajoute une couche au doute. Quand une chanson plaît, il se demande si c'est la mélodie, l'interprétation, l'arrangement, autant d'éléments générés par l'outil, plutôt que le texte qu'il a passé des jours à réécrire.

« Le plus drôle, c'est que je sais parfaitement ce qui est à moi, dit-il. J'écris chaque mot. Je choisis parmi des dizaines de versions et j'en jette la plupart. Mais savoir une chose et la sentir, ce n'est pas pareil. La voix de l'imposteur n'écoute pas les arguments. Elle attend juste le moment où tu es fatigué. »

Ce qu'il a fini par comprendre, c'est que l'outil ne choisit pas de quoi parle une chanson. Il ne sait pas ce qui fait mal, ni ce qui doit rester sous-entendu. Et c'est précisément ce que contiennent ses deux titres les plus personnels.

« Como Macaulay Culkin en El buen hijo »

La première chanson pousse le doute jusqu'à l'enfance. Le narrateur se demande pourquoi les autres sortent, ont des rendez-vous, des rencontres, alors que pour lui tout coûte tant. Il s'imagine qu'il aurait pu aller loin si son innocence n'avait pas été interrompue, et finit par se demander s'il était, enfant, un petit diable comme le personnage joué par Macaulay Culkin dans Le Bon Fils. « Pero ya no aguanto, estoy harto », lâche-t-il : je n'en peux plus, j'en ai assez.

C'est la forme la plus cruelle du syndrome : se croire coupable de sa propre douleur. La chanson ne donne pas de réponse. Elle montre quelqu'un qui pleure la nuit jusqu'à une heure passée parce qu'on lui a dit qu'il n'était pas son genre, et qui recommence le lendemain. Elle s'inscrit dans un projet que l'artiste a expliqué publiquement : transformer en musique, avec l'aide de professionnels, des années de relations avec des partenaires narcissiques, pour rendre visibles l'abus psychologique et ses traces sur la santé mentale, et pour que ceux qui le vivent se sentent vus et crus.

« La Playa del Mal Pas »

La seconde est un refuge. Une petite plage de Benidorm, cachée entre le port et la vieille ville, où il a passé la plupart des étés dont il se souvient, à regarder l'horizon et à rêver de partir. C'est aussi sur cette plage qu'il a compris, plus tard, ce qu'était le narcissisme. Chaque vague, écrit-il, lui rappelle ce qu'il n'est plus, mais aussi ce à quoi il a survécu.

« Cette plage, aucune machine ne l'a vue, sourit-il. Si quelqu'un me demande ce qui est à moi dans mes chansons, je lui réponds : les étés à Benidorm. Le reste, c'est de l'orchestration. »

Pourquoi en France

La France a une longue tradition de chanson à texte, où l'on juge d'abord ce qui est dit. C'est exactement le terrain sur lequel Mike Sain't Louis veut être jugé. Son catalogue, majoritairement en espagnol, compte aussi des titres en anglais, en français et en portugais. Et la photo qui accompagne ce communiqué, sur fond blanc, sans décor, dit quelque chose de cette démarche : rien à cacher, rien derrière.

Où écouter et télécharger

Les deux chansons, comme l'ensemble des 273 singles, s'écoutent et se téléchargent gratuitement sur https://mikesaintlouis.com, avec les paroles de chaque titre. Le catalogue est aussi disponible sur Spotify, Deezer et les principales plateformes.

À propos de Mike Sain't Louis

Parolier indie alternatif basé à Madrid, Mike Sain't Louis dirige seul son label et signe une pop queer effrontée, sans censure, pleine d'humour et de camp, qui va de l'électropop à la copla espagnole et de la ballade à la pop alternative. Sa trilogie GAYFOLK, « Descubierto un nuevo planeta llamado GAYFOLK », « Ojalá se pudiera viajar a GAYFOLK » et « El día de la liberación », raconte le voyage vers une planète où chacun peut vivre tel qu'il est. En 2024, son titre « Tan Cateto » est devenu viral sur TikTok.

Contact presse

E-mail : info@mikesaintlouis.com Site officiel : https://mikesaintlouis.com Instagram : @planetagayfolk