Canadá (Quebec) ·
Après le marbre, les cendres : Mike Sain't Louis fait visiter la maison en ruine de son vidéoclip « ¡Vaya director! »
L'artiste indie alternatif de Madrid, qui se présente comme « le premier auteur-compositeur IA », publie sur son blogue une visite pièce par pièce des décombres de Planeta Gayfolk, du motel au néon rose jusqu'au violoncelle posé près des braises

Madrid, le 25 octobre 2026 – Il y a des maisons qui tiennent debout longtemps après le départ de tout le monde. Plus de portes, des vitres cassées, des cartes géographiques dessinées par l'humidité sur les murs, mais une charpente qui résiste. C'est dans une maison de ce genre que Mike Sain't Louis, artiste indie alternatif établi à Madrid et autoproclamé « premier auteur-compositeur IA », invite ses lecteurs dans un nouveau texte de son blogue. Le prétexte : le vidéoclip de « ¡Vaya director! », une chanson sur le patron qui n'est pas à la hauteur de son poste, et dont les images glissent, sans prévenir, du luxe d'un hall d'hôtel vers une maison en ruine où brûlent des instruments de musique.
Une chanson sur un poste trop grand
« ¡Vaya director! », c'est l'exclamation qui échappe à n'importe qui lorsqu'un gérant, un chef ou un responsable démontre que le poste lui fait comme un manteau trop large. On la prononce en levant les yeux au ciel. La pochette de la chanson raconte la scène à la manière d'une bande dessinée : réception d'hôtel chic, lustres de cristal, comptoir de marbre et engueulade monumentale.
Le vidéoclip, mis en ligne le 15 novembre 2024, dure exactement cinq minutes et appartient au premier disque de la trilogie GAYFOLK, « Descubierto un nuevo planeta llamado GAYFOLK ». Mais au lieu de rester dans le décor clinquant de la pochette, il prend la route : une voiture de luxe violette dans un stationnement, un motel de bord de route éclairé par une bande de néon rose à la tombée du jour, un tapis rouge où posent trois garçons en veston doré. Puis, tout à coup, l'effondrement : une maison abandonnée aux murs écaillés, du feu au sol, des instruments qui se consument. Du marbre aux gravats.
Ce qui reste derrière les façades
C'est ce saut qui intéresse l'auteur. « Une direction mal menée, ça laisse ça : des ruines, écrit Mike Sain't Louis. Peu importe que ce soit une entreprise, un hôtel ou un couple. Quand celui qui commande n'est pas à la hauteur, ce qui ressemblait à un palais finit en maison vide aux carreaux brisés. »
L'image n'est pas qu'esthétique. L'artiste raconte avoir vécu cette maison de l'intérieur : pendant vingt ans, auprès de deux partenaires narcissiques l'un après l'autre, l'extérieur brillait, avec de belles photos, des soupers entre amis, des voyages, pendant que l'intérieur tombait en morceaux, pièce par pièce, sans que personne s'en aperçoive. Il transforme aujourd'hui ces années en chansons, avec l'aide de professionnels, pour rendre visible l'abus psychologique et pour que ceux qui le vivent se sentent crus.
Enfant, raconte-t-il aussi, il se faufilait avec des amis dans une maison abandonnée en périphérie et restait planté devant les pièces vides à imaginer qui y avait dormi, cuisiné ou s'y était disputé. « Une ruine, c'est un endroit plein d'histoires que plus personne ne raconte », résume-t-il.
Le motel, antichambre de la ruine
Avant d'atteindre la maison, le clip s'arrête dans deux lieux qui ne sont pas encore des ruines : le stationnement de la voiture violette, aux jantes étincelantes, et le motel, avec une voiture arrêtée devant, phares allumés. Des lieux de passage, observe l'artiste : personne ne vit dans un stationnement ni dans un motel. On arrive, on dort, on repart.
Il y voit ses propres années de valise à moitié défaite, sans oser accrocher un cadre au mur faute de savoir combien de temps ça durerait. La voiture, c'était la promesse d'une vie brillante; le motel, la vérité d'une vie sans maison à soi. Et pourtant, après la traversée des décombres, ce motel lui paraît moins triste. « Au moins, la lumière est allumée et la porte est prête à s'ouvrir, note-t-il. C'est un endroit d'où on peut reprendre la route. »
Un violoncelle parmi les braises
Le plan qui l'a le plus marqué arrive à la 65e seconde. Une pièce en ruine, murs lézardés, plancher couvert de poussière et de débris. Une fenêtre laisse entrer une lumière rose intense. Contre le mur, un violoncelle de bois rougeâtre, intact au milieu du désastre. Le titre du billet promet d'autres arrêts dans cette visite – un piano en flammes, une tour plantée dans une mer rose –, autant de pièces d'une même maison que le lecteur découvre en marchant, comme le propose l'auteur, en prenant soin de ne pas mettre le pied sur les braises.
Ce violoncelle debout dit l'essentiel du texte : même quand tout a brûlé, quelque chose peut rester entier.
Une œuvre écrite mot à mot, produite avec l'IA
Mike Sain't Louis écrit toutes ses paroles, compose et produit; la musique et l'interprétation vocale sont générées avec l'intelligence artificielle, son outil de production et d'arrangement. Les mots et la direction artistique lui appartiennent, et chaque chanson a son vidéoclip imaginé par lui.
Son projet, PLANETA GAYFOLK, rassemble 273 singles et plus de 280 vidéoclips, fruit d'environ deux ans de travail. On y passe de l'électropop à la copla, du pop alternatif à la ballade, en espagnol, en anglais, en français ou en portugais, pour parler d'amour, d'ex, de voisines placoteuses, de vie queer en Espagne et de santé mentale. En 2024, « Tan Cateto » est devenue virale sur TikTok.
Pourquoi l'écouter au Québec
Le Québec a une longue tradition de chanson où le texte compte autant que la musique, et une scène indie qui aime les projets faits en marge des grandes structures. Le travail de Mike Sain't Louis parle ce langage-là : des paroles signées, un univers cohérent, un label autogéré, et une franchise qui n'a pas peur de mêler l'humour camp et les blessures. Et son catalogue compte des titres en français.
Où écouter et télécharger
Toute la musique de Mike Sain't Louis s'écoute et se télécharge gratuitement sur mikesaintlouis.com, avec les paroles de chaque chanson. Elle est aussi offerte sur Spotify, Deezer et les principales plateformes. Le texte complet de la visite des ruines se lit sur son blogue : plus de détails ici.
À propos de Mike Sain't Louis
Établi à Madrid, Mike Sain't Louis se décrit comme « le premier auteur-compositeur IA » et revendique une étiquette indie alternative. Il écrit chacune de ses paroles et confie à l'intelligence artificielle la musique et les voix. Sa trilogie GAYFOLK – « Descubierto un nuevo planeta llamado GAYFOLK », « Ojalá se pudiera viajar a GAYFOLK » et « El día de la liberación » – forme un seul voyage, de la découverte d'une planète jusqu'au jour où l'on s'y libère. Il est aussi le directeur artistique et le PDG de son propre label, MIKE SAIN'T LOUIS.
Contact presse
Courriel : info@mikesaintlouis.com Site officiel : https://mikesaintlouis.com Instagram : @planetagayfolk